gary carter: home run

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rassurez-vous, je ne vous causerai pas balle-molle (NDLR: si un jour je me mets à vous causer balle-molle, repentez-vous et embrassez vos enfants, ce signe méconnu de l’apocalypse est sans appel). ce billet s’attardera plutôt à un homonyme de notre bien-aimé « kid », un visionnaire aussi atypique que brillant que j’ai eu la chance d’entendre à banff.

né au zimbabwe et élevé en afrique du sud, ancien comédien et agent, gary carter est aujourd’hui COO (chief operating officer) de fremantle media, la multinationale de RTL responsable, entre autres, des formats « idol » et « got talent ». il est également CRO (chief creative officer) de FMX, une division de fremantle dédiée à l’exploration de nouvelles approches en création numérique.

l’homme fait plus de six pieds, porte des complets flamboyants et mentionne dans sa bio « qu’il partage son temps entre londres et amsterdam où résident son mari et leur fils adopté ». ce profil détonnant, combiné à la feuille de route de fremantle et au synopsis racolleur de sa présentation, laissait présager le pire. au terme d’une journée plutôt décevante, je me suis donc callée dans mon siège résignée à subir une séance de pontification à la gloire de la saucisse commerciale.

oh que j’étions dans le champ.

l’allocution de carter a de loin été la plus inspirée et la plus inspirante de tout mon festival. cet homme cultivé, réfléchi et humble a posé plus de questions qu’il n’a offert de réponses, nous entraînant dans un dédale de réflexions « macro » sur la création et la nature humaine.

voyez plutôt par vous-même – extrait de son allocution « the next big thing », prononcée au NATPE en 2007:

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cette fois, carter s’est attardé à l’avenir du « storytelling », nous rappelant que les humains ont toujours raconté, et raconteront toujours des histoires, mais qu’aujourd’hui, la donne avait changé: « scarcity in the analog age was replaced by abundance in the digital era – everyone and anyone is now a storyteller. »

évidemment, on l’a questionné sur « l’affaire susan boyle« , encore internée au moment du festival, et sur les leçons qu’il en a tiré: « i think it prouves once and for all that fighting the fans online is counter productive… here’s a woman who sang three times on national television and became in a week the most reknowned person on the planet. and we didn’t have anything to do with it. i think that says something.  »

on l’a également assailli de questions sur les « business models » de demain. si sa réponse a déçu la mer de CCSC (« Clueless Costards Sans Cravates ») qui espéraient un peu de formules magiques, moi c’est là qu’il m’a résolumment charmée; vraisemblablement ennuyé par ces questions réductrices, il a claqué deux fois d’un ton monocorde: « i have no clue what tomorrow will be made of, and no idea how the new business models will work. » il a enchaîné avec cette croquante anecdote (que vous devez imaginer racontée par un colosse de six pieds maniéré à l’accent british): « when i was named COO, i called my mother. she asked me what the job entailed and i told her:
– well, you know, it’s mostly developing strategies for the future…
– do they know you have absolutely no idea how to do that?
 »

vraiment, si l’avenir de la tévé et de la création en général vous intéresse, prenez vingt minutes and meet gary carter.

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  1. Pingback: la grande dépression « si les siffleux peuvent siffler…

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