temps mort: cinéweb

Picture 15

selon le synopsis officiel, c’est « la web série de l’heure« … et si cette autopromotion maladroite m’a bien entendu fait sourciller, le visionnement des deux premiers épisodes de tempsmort.tv m’aura forcée à donner raison à l’auteur de ce texte racolleur.

lancée le 9 juillet, la série suit le quotidien de joël, survivant d’un cataclysme survenu quelques mois plus tôt qui a laissé le québec sans électricité, figé dans le silence et la neige… une neige qui tombe sans arrêt depuis 180 jours. Lire la suite

Publicités

si les siffleux…

passepartout335
j’ai récemment réalisé que certains de mes amis importés et/ou quarante-/quincagé-/soixante-naires n’avaient aucune idée de ce à quoi faisait référence le titre de ce dévidoir d’incongruités.

« si un siffleux sait siffler, je peux siffler moi aussi! » est un des rares souvenirs que j’ai de passe-partout, cette émission-phare de ma génération que je semble être la seule à avoir détestée — je trouvais passe-partout nounoune, les marionettes laides et la musique in-sup-portable. seul fardoche (un personnage de fermier/homme de la terre) trouvait grâce à mes yeux, et j’avais un peu pitié de passe-montagne, benêt rêveur « pogné » avec deux femelles hystériques…

enfinbonbref, un sketch devenu légendaire mettait en scène le dit passe-montagne en train d’essayer de siffler. on passait de passe-montagne à des images de marmottes, qui sifflotaient sans problème alors que notre homme ne parvenait qu’à crachoter sans émettre un son… ce qui le rendait furieux. « si un siffleux sait siffler, je peux siffler moi aussi!« , répétait-il sans arrêt, enragé, entre deux tentatives. si je me souviens bien, il n’atteignait jamais son but, piquait une sainte colère et était tiré hors-cadre par passe-partout et passe-carreau. (d’ailleurs, comme le mentionne cette blogueuse, on repassera côté pédagogie…)

vous voilà donc dans le coup, chers amis outre-atlantiques et/ou pré-seventies
Picture 13
à vous maintenant de m’éclairer: comment diantre vous expliquiez-vous le titre de ce blogue sans savoir ce que je viens de vous raconter?!?! si j’en crois les théories hilarantes échaffaudées par certaines de mes fréquentations hexagonales (merci ma bichette), nos amis fouisseurs semblent avoir inspiré certains bijoux d’inventivité… merci de les partager avec curieuse petite moi!

le warhol du web

WeLiveInPublic2

je n’avais personellement jamais entendu parler de joshua harris avant de lire cet article du utne reader. et pourtant, selon ses propres dires, harris est « le plus grand artiste du 21e siècle« .

je vous entends d’ici lever les yeux au ciel, mais je dois avouer qu’après une exploration un peu plus poussée du personnage j’en suis venue à comprendre pourquoi certains appellent harris le « warhol du web »: à la fois visionnaire et mégalomane, harris est de ces artistes qui vivent sans compromis, par et pour leurs convictions… et dont le cheminement créatif en lui-même devient manifestation artistique.

« we live in public« , documentaire de ondi timoner primé à sundance, explore deux de ses projets les plus controversés: quiet (1999) et we live in public (2001), mises en scène expériencielles visant à prouver que privé d’intimité, l’être humain se transforme en zombie.

après le dotcom boom, harris a les poches pleines et décide d’enfermer pendant un mois 100 artistes consentants dans un bunker/hotel où ils seront filmés 24 heures sur 24. histoire d’ajouter au potentiel explosif de l’expérience, les participants ont accès à un stand de tir et des armes à feu… alertée par FEMA qui voit en quiet les germes d’une secte millénariste, c’est finalement la police de new-york qui mettra un terme à cette première folie.

harris décide alors de se mettre lui-même en scène en installant 32 caméras dans le loft qu’il partage avec sa blonde et en restant « live » 24/7. à la fois cobaye et geolier, harris va se désintégrer sous les yeux des internautes, perdant lentement l’esprit… et sa fortune de quelques 80 millions. CQFD.

sur nos écrans à l’automne.

la grande dépression

2_great_depression
étonnamment, un des panels les plus divertissants de mon périple banffesque réunissait quatre individus fort déprimés – des broadcasters, évidemment – autour d’une question ô combien déprimante: “elle est où, l’argent?

cordés sur scène se trouvaient notamment david purdy (le suprenament sympatique) représentant de rogers cable, karin gilford (une transfuge de yahoo passée chez comcast) et mon chouchou du moment, le brillantissime gary carter.

le modérateur a ouvert en demandant aux panelistes ce qui les empêchait de dormir la nuit.

1) purdy a confié faire de l’insomnie en pensant à ce qui allait advenir de leur modèle d’affaires basé sur abonnement. de nombreuses nuits blanches l’auront finalement mené à la conclusion que le salut passerait par un système d’abonnement multiplateforme, avec tarif mensuel qui donnerait accès aux contenus à la télé, sur le web et tutti quanti.

2) c’est la « dévalorisation » de la production qui tient karin gilford éveillée la nuit. produire quelque chose de qualité coûte toujours aussi cher – et ces productions sont aujourd’hui évaluées et consommées de la même façon que des trucs boboches tournés dans des demi sous-sols. ceci déprime beaucoup karin.

3) après avoir répété la question, carter pousse un long soupir et laisse simplement tomber : “what does it mean to be a producer of entertainment in the 21st century?

à mon humble avis, carter pose ici la seule vraie question que nous devons aujourd’hui nous poser. notre réflexe premier est – et c’est parfaitement normal – de tenter de sauver notre peau et de trouver une façon d’arrimer nos vieux modèles à la réalité émergente… mais avant toute chose, ne devrions-pas accepter cette réalité? « tomorrow is now« … à nous de changer.

Picture 10