si les siffleux…

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j’ai récemment réalisé que certains de mes amis importés et/ou quarante-/quincagé-/soixante-naires n’avaient aucune idée de ce à quoi faisait référence le titre de ce dévidoir d’incongruités.

« si un siffleux sait siffler, je peux siffler moi aussi! » est un des rares souvenirs que j’ai de passe-partout, cette émission-phare de ma génération que je semble être la seule à avoir détestée — je trouvais passe-partout nounoune, les marionettes laides et la musique in-sup-portable. seul fardoche (un personnage de fermier/homme de la terre) trouvait grâce à mes yeux, et j’avais un peu pitié de passe-montagne, benêt rêveur « pogné » avec deux femelles hystériques…

enfinbonbref, un sketch devenu légendaire mettait en scène le dit passe-montagne en train d’essayer de siffler. on passait de passe-montagne à des images de marmottes, qui sifflotaient sans problème alors que notre homme ne parvenait qu’à crachoter sans émettre un son… ce qui le rendait furieux. « si un siffleux sait siffler, je peux siffler moi aussi!« , répétait-il sans arrêt, enragé, entre deux tentatives. si je me souviens bien, il n’atteignait jamais son but, piquait une sainte colère et était tiré hors-cadre par passe-partout et passe-carreau. (d’ailleurs, comme le mentionne cette blogueuse, on repassera côté pédagogie…)

vous voilà donc dans le coup, chers amis outre-atlantiques et/ou pré-seventies
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à vous maintenant de m’éclairer: comment diantre vous expliquiez-vous le titre de ce blogue sans savoir ce que je viens de vous raconter?!?! si j’en crois les théories hilarantes échaffaudées par certaines de mes fréquentations hexagonales (merci ma bichette), nos amis fouisseurs semblent avoir inspiré certains bijoux d’inventivité… merci de les partager avec curieuse petite moi!

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dimanche avec les bonobos

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captivante présentation de susan savage-rumbaugh, une primatologue dont le travail avec les bonobos, s’il est controversé, n’en est pas moins fascinant.

les bononos qu’elle élève dans un contexte mi-humain, mi-animal (« panhomo culture« ) apprennent à communiquer, écrire, et sont bien meilleurs que moi à pacman.

« we believe that it’s not biology, it’s culture. so we are sharing tools, technology and language with another species. »

post banffum

rentrée sur le macadam samedi, j’avoue avoir un peu de mal à me réadapter à notre air vicié et à l’absence de bestioles. j’avoue également avoir un peu de mal à entamer la digestion de tout ce que j’ai gobé tout rond pendant six jours… si le tri de toutes ces informations, impressions et opinions me prendra encore quelques jours, je crois tout de même en être venue à une conclusion.

en voyant s’agiter tous ces costards-sans-cravates paniqués, désespérés de constater que leurs acquis ne valent plus grand-chose, consternés de ne pas réussir à reproduire les modèles éprouvés et angoissés de n’y rien comprendre, je me suis trouvée chanceuse.

vous l’êtes aussi.

ce que nous vivons est fabuleux. excitant. exaltant. nous avons une chance inouïe comme créateurs, penseurs, facilitateurs. tout est possible. tout est à (ré)inventer. cessons d’avoir peur, cessons d’être nostalgiques, de pleurer la mort « d’un certain cinéma » et de lever le nez sur ce que beaucoup d’entre nous considéraient jusqu’ici une culture du superficiel et de l’instantané sans substance.

ce que nous vivons est fabuleux. excitant. exaltant. nous avons une chance inouïe comme créateurs, penseurs, facilitateurs. nous avons à notre disposition un tout nouveau continent et une pléthore de nouveaux idiomes. à nous de raconter de nouvelles histoires… autrement.
clueless-excuse

les grosses bêtes

grossebête

oui, on vient à banff pour shmoozer et pour tâter de la tendance. mais on vient aussi à banff parceque c’est *&%?*%ment beau, et que les quelques moments passés dans le silence de l’immensité rocheuse donnent un sens à toutes ces transmédianeries 2.0. ceux qui ont eu la chance de passer par ici savent de quoi je parle.

bref, je viens (enfin!) de faire ma première randonnée. même si j’étais (comme d’hab) seule et esseulée et qu’un chauffeur de taxi m’avait prévenue qu’une maman grizzly rôdait dans les parages, j’ai pris mon courage à deux mains et suis allée déambuler dans la nature comme la femme de l’an deux mille que je suis….

il y avait une bonne heure que j’avançais à travers la forêt (en prenant soin de cogner deux roches ensemble pour « annoncer » ma présence) lorsque soudainement quelque chose bouge à ma gauche.

je m’arrête net. tappe-tappe les cailloux.

ça bouge encore — ça a l’air gros.

mon coeur bat la chamade, j’ai soudainement très chaud.

je ne sais pas si je dois avancer ou reculer, alors je ne fais rien du tout.

re-tappe-tappe les cailloux… pour finalement faire émerger du bosquet deux MINUSCULES suisses qui s’approchent de moi, bien fiers de leur coup. j’explose de rire — ça ne les effraie pas du tout, au contraire! ces cons là se mettent à me suivre! ils m’ont accompagnée sur une bonne dizaine de mètres avant de me larguer sans demander leur reste, ayant soudainement entamé une partie de tag à laquelle ils ne m’ont pas conviée.

je n’aurai donc pas vu de wapiti, mais j’aurai été « stalkée » par deux suisses baveux.

pas besoin de vous dire où est la grosse bête dans cette histoire.

visiteur

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cette adorable bestiole vient de passer sur ma terrasse, s’arrêtant une seconde devant ma porte patio avant de détaler vers l’ouest.

je suis sortie et me suis tournée vers un monsieur qui travaillait à réparer un des barbecues du resort. « hey, did you see the pine marten? don’t pet him, hey, they are quite wild! hey, they are squirrel-killers… »

ceux qui ont le triste privilège de me côtoyer peuvent m’imaginer en train de battre des mains comme une otarie… j’en veux un!!!!!!!!

oh, soleil, soleil…

je me suis échappée de get digital, qui malgré toute ma bonne volonté, était vraiment trop basic pour moi… mais parfait pour la salle peuplée de quarantenaires issus des médias traditionnels. ceci dit, les deux heures passées là-bas m’auront une fois de plus convaincue du génie de nos experts « locaux » martin lessard et sacha declomesnil, dont les ateliers donnés à l’INIS n’ont absolument rien à envier à ce séminaire new-yorkais célèbre!

petite pause soleil avant la prochaine session de mon nouveau programme, une présentation de l’ONF sur le webdocumentaire. depuis mon arrivée, il neige, il pleut, il brouillarde… aujourd’hui enfin, soeur soleil brille sur les rocheuses.

banffsoleil

grosse journée

aujourd’hui je vais passer une bonne partie de la journée au séminaire de shelly palmer, une « célébrité » new-yorkaise qui aide les technotwits à faire leurs premiers pas sur la planète web 2.0. j’ai hâte de voir de quoi il en retourne, histoire de peut-être vous l’amener à mourial…

et en fin de journée, mon bonbon personnel: classe de maître de rené balcer, un des exec producers de LAW & ORDER. je risque d’être complètement star-struck… mais je tâcherai tout de même de vous en faire un compte-rendu cohérent!

à plusse, donc.

After Last Season… part deux

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autre défaut de fabrication, il m’arrive souvent d’avoir le piton collé. tounes, films, mecs, après trois décennies sur terre force m’est de constater que l’obsession opaque à court terme s’avère pour mon mental bancal un oasis, un baume, un genre de… méditation. (NDLR: bon, méditation trash, mais méditation tout de même. on fait le vide comme on peut…).

menfinbonbref, là j’ai le piton scotché ben dur sur cette bande-annonce de cauchemar et la mini-tempête de spéculation qu’elle a engendré sur certains blogs branchés. (ouiiiii je sais, je vous en ai déjà parlé, mais j’en reparle et j’en reparlerai, tenévoulepourdi.)

menfinbonbref, tout ça pour dire que dans le cadre de mon arpentage compulsif de la toile à la recherche d’indices à propos de cet ovni je suis tombée sur cet énoncé génial qui (en plus de « justifier » ma fascination pour plusieurs trucs inqualifiables…;-) met, je pense, le doigt sur ketchose:

I’ve had this discussion for years and I still believe strongly that, in some extreme cases, exceptional incompetence and incoherence is as magical a gift as premeditated and intentional genius. Not all the time, mind you, but in the case of something like Troll 2 or a trailer like After Last Season, to simply shrug it off is a real shame. You’re missing out on some amazing brain stimulation.

IndieWire / By tully on March 30, 2009

food for thought, non?

les contes de fées 2.0

lachance

mission accomplie pour bernard lachance, ce sympathique hurluberlu de montmagny qui vend ses billets et ses CDs lui-même: oprah a répondu à son invitation sur youtube et l’a invité sur son plateau. l’émission enregistrée la semaine dernière fut diffusée mardi après-midi — résumé du segment ici — et les joies du télétravail m’ont permis de vivre la chose en en direct.

que de larmes, chers amis, mais que de larmes! dieu sait qu’oprah est une habituée de l’humide, mais là, le nombre de kilolitres de liquide lacrymal déversé pendant les quelques quinze minutes consacrées à lachance dépasse l’entendement.

évidemment, c’était vachement étudié pour.

premier acte: la « surprise ». gayle surprend lachance qui bat le pavé devant le chicago theatre. le pauvre jeune homme se met à dégouliner de partout — et ce, dans tous les sens du terme, passant de l’hystérie à la catatonie en un quart de seconde, à la fois ridicule et touchant: il fige, il saute, il pleure, il crie… déjà, difficile de ne pas être un peu remué (surtout si comme moi vous l’avez vu à tout le monde en parle et trouvé étonnament lucide et groundé. et bon… surtout si comme moi vous braillez devant des pubs d’assurance-vie et si comme moi vous vous allongez une fois par semaine pour en parler.)

deuxième acte: il est en studio avec sa sainteté winfrey. à nouveau on se déverse dans le cadre d’un festival de « dream come true » et de tétage fébrile de lachance qui (bien légitimement, il faut le dire) ne peut pas croire qu’il est là. on en rajoute une couche avec une vidéo montrant ses parents et son parcours téméraire sur fond de john williams — retour en studio, évidemment c’est la fonte des glaciers, même OPRAH BRAILLE! on se resaisit, on rigole, on renifle et on va à la pub, promettant la « première américaine » de bernie en fin d’émission.

et là troisième acte, je vous le donne en mille, il chante… the impossible dream/la quête.

si, si.

on the nose
, vous dites?

de quoi gerber pendant douze jours et douze nuits, je sais.

et pourtant… j’étions scotchée à mon écran et j’avions moi-même l’oeil de moins en mois sec.

vois-je poindre une moue méprisante? un sursaut d’épaule suffisant? ah-han…regardez-moi dans les yeux et dites moi que vous n’avez pas, ne serait-ce qu’un quart de seconde, senti votre petit coeur frétiller quand vous avez vu susan boyle pour la première fois?

eh bien bernie et susan, même combat. ce sont nos contes de fées 2.0.

BEN OUI c’est packagé, manipulé, arrangé. so what? pour moi, cette « gestion de phénomène » est une forme de scénarisation interactive et collective nouvelle, directement issue de son époque. on nous propose une « feel-good-dream-come-true-story », et on embarque. et notre enthousiasme change le cours des choses. PARCEQUE nous sommes allés cliquer, la vie de ma’m boyle va être transformée. PARCEQUE nous sommes allés cliquer, le message de bernie a attiré l’attention de la reine de chicago. un clic, un coup de baguette magique.

BEN OUI c’est gros, sursucré, pourri de bons sentiments… mais en ces temps angoissants, n’est-ce pas normal que collectivement on se raconte des histoires guimauves? ne croyez vous pas que si nous n’en n’avions pas tant besoin il y a belle lurette qu’on aurait déterré que genre boyle se la joue sado-maso dans son sous-sol?

on a besoin de croire à cendrillon en ce moment, je pense.

hope. change. et en attendant, collective dillusion.