perdue

lost

à la demande (pressante) de certain(e)s de mes ami(e)s, j’ai assisté cet après-midi à la « master class » donnée par jack bender, un des créateurs de LOST, série à succès dont, je dois humblement l’avouer, je n’ai vu que des bribes. (je sais, je sais…)

évidemment, j’étais la seule dans ma situation au milieu d’une salle paquetée mur-à-mur de « hard core fans » un peu hystériques. si vous me permettez un jeu-de-mots-poche-de-fin-de-journée-de-douze-heures, j’étions un peu… perdue. (je sais, je sais…)

le bender en question avait tout de l’archétype du réal hollywoodien; cheveux mi-longs savamment en bataille, barbe de trois jours, bracelets en cuir, et, surtout, dégaine du gars « who has the world by the balls ». ceci dit, il s’est avéré plutôt sympathique, bien que la « master class » tenait plus de la conversation anecdotique que de la classe de maître.

j’ai bien entendu eu beaucoup de mal à suivre les références (« remember when john/jack/mona told bob/trevor/max about russ/georges/fred, episode 65?« ) et n’ai pas frémi autant que j’aurai peut-être dû, mais j’ai tout de même appris une coup’d’affaires:

– le pilote de l’émission, réalisé par jj abrams lui-même, fut le plus coûteux de l’histoire de la télévision;

– selon bender, ce pilote dans les mains d’un autre réalisateur aurait sûrement été beaucoup plus dark – selon lui, c’est un tour de force de jj d’avoir réussi à rendre le tout aussi accessible;

– d’ailleurs, le succès du style établi par abrams et développé par bender tient (selon bender…) à la conjugaison de « grandeur » (en anglais) et d’intimité avec les personnages;

– il dit avoir décidé dès le départ ne pas vouloir marquer les flashbacks: « i wanted the characters to still « be » in the life they left behind. »

– ils tournent un épisode en 10 jours – comme la plupart des grandes séries américaines. le rythme auquel ils tournent les obligent parfois à laisser passer certaines choses: « i remember when i worked on the sopranos, david chase had, like, four months to cut an episode. but hey, that’s HBO. (…) TV in general is more like a sketch… the speed at which we have to turn up the episode don’t allow for much trial and error. » il avoue s’être planté à quelques reprises: « the episode ‘the death of echo’ was NOT our finest hour. » (j’espère que vous, vous savez de quoi il parle!);

– au sujet des déclinaisons multiplateformes: « it’s a vital part of storytelling today. It can’t – and shouldn’t – be ignored. »

– au sujet de la relation scénariste/réalisateur: « story should dictate style. the best directors understand this. »

INCH’ALLAH! ;-)

twitter, facebook, linkedin: anyone else have trouble keeping up?

tel était le titre d’un des panels de nextmedia qui, s’il n’était pas un des plus informatifs en ce qui me concerne, a eu le mérite d’être plutôt divertissant.

modéré par kris krug (une « social media star » qui faisait escale à banff en route pour shangai où il participera au premier TED chinois), la discussion réunissait chris becker de filemobile, maggie fox de social media group et dario meli de invoke.

les trois choses que j’ai retenues de ce vivifiant échange entre « webmonkeys »:

– évidemment, plusieurs d’entre nous se questionnent sur la nécessité d’avoir et d’entretenir de multiples profils, les deux exemples les plus flagrants étant facebook et linkedin. une fois son profil créé, à quoi sert linkedin? pour ces gourous, les fonctions les plus intéressantes de ce réseau sont les recherches, les groupes et le « Q&A » (dont je ne soupçonnais même pas l’existence!) – pouvoir poser une question et obtenir une réponse précise de quelqu’un dont la réputation est en jeu est semble-t-il le « edge » de ce réseau;

– « social media is either time OR money« : on peut compenser le manque d’argent avec beaucoup de temps lorsqu’il s’agit d’investir les réseaux sociaux. selon maggie fox, il est cependant important que la personne désignée comme « community manager » à l’interne ait le bon profil – ça prend des gens qui aiment discuter, accoster des gens en ligne, butiner… associaux et technotwits s’abstenir.

– l’hilarante conclusion de chris becker: « Facebook is a great way to keep in touch with the people you don’t want to keep in touch with. »

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konrad, quand tu nous tiens

je me suis levée aux aurores ce matin pour m’assurer d’avoir une place au très couru petit déjeuner d’ouverture au cours duquel le président du CRTC konrad von finkenstein prononçait une allocution. malheureusement… je n’ai rien compris. monsieur finckenstein a sans aucun doute d’autres nombreuses qualités, mais l’art oratoire n’est pas l’une d’entre elles: entre son accent in-cro-ya-ble, sa propension à marmonner et le fait qu’il n’arrivait pas à lire ses notes (« zere iz no light in ire!« ), peu d’entre nous ont réussi à saisir son propos — j’ai bien vu aux visages contorsionnés/perplexes de mes collègues que je n’étais pas la seule à sortir bredouille du cascade ballroom.

dieu merci, son allocution (écrite!) est sur le site du crtc.

ho ho ho

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certains d’entre vous savent que j’ai la chance de collaborer avec le père noël dans le cadre de mon travail sur la PNP, la console imaginée par alex bérard et qui permet désormais la communication directe entre le canada et le pôle nord.

après presque deux ans de développement (et ô combien de réunions avec des tablées de lutins), la PNP a été lancée noël dernier, et a suscité un engouement inespéré: le père noël a répondu via vidéo à près d’un million et demi d’enfants… et il a complètement trippé.

j’ai eu l’adorable barbu au téléphone ce matin — je suis toujours hallucinée par l’énergie du bonhomme, toujours égale, posée, mais étrangement contagieuse. sept heures pile, je suis encore encastrée dans mon oreiller et le téléphone sonne: je réponds sans ouvrir les yeux en me demandant qui peut bien m’appeler à ma chambre à cette heure indue… « ho! ho! ho! allez debout! »

en pleine forme, il a déjà mille idées pour l’année prochaine et veut absolument que le service soit offert dans d’autres pays: « là-là milou, cette année on tape le cinq millions hein? » il veut même se partir un compte twitter! increvable le bonhomme, increvable.

quand j’ai raccroché, il était sept heures six, j’avais six pages de notes et accepté de faire un détour par le pôle nord en revenant de banff.

sachez donc que je suis désormais dans l’esprit des fêtes. i’m making christmas…

youthography

youthography est une entreprise de recherche démographique spécialisée, comme son nom sans équivoque l’indique, « dans les jeunes« . (duhhh!)

chaque année, ils sondent près de 100 000 jeunes à travers le canada — par jeunes, on entend surtout les 14-34. s’ils se concentrent sur leurs tendances de consommation, la gang de youthography explore aussi leurs habitudes, leurs aspirations et leurs attentes en termes de technologies et de divertissement.

mike farrell nous a tracé hier matin un portrait parfois surprenant de ce « demographic« , déboulonnant au passage certains mythes, confirmant certains clichés et avançant certaines « prédictions ».

en vrac, quelques stats/faits divers qui ont retenu mon attention:

– toujours se rappeler que facebook, google et autres youtube ont été inventés par des moins de 25 ans.

– le groupe des 14-34 remet TOUS les « vieux modèles » (ceux qui ne sont pas issus de leur propre culture) en question, tout le temps, et ce tant au niveau de la religion et du gouvernement qu’au niveau de leur manière de consommer et de se divertir;

– ils sont de plus en plus intéressés et impliqués dans le développement et l’évolution des marques, puisqu’ils y participent activement; si la majorité considère qu’on accorde trop d’importance aux marques (« brands »), ils considèrent tous très important de s’associer à des marques dont ils endossent la philosophie;

– seulement 7% des tweens (9-13) canadiens ne jouent PAS à des jeux videos au moins une heure par semaine. selon farrel, il faut donc arrêter de penser que les jeux sont l’apanage des nerds et mésadaptés: ils sont maintenant affaire de culture de masse.

– si 89% des jeunes sont sur facebook (29% sur myspace) et passent en moyenne 33 minutes quotidiennement sur un réseau social, un phénomène prend de plus en plus d’ampleur: le « social networking burnout« . il semble que de plus en plus de jeunes sont lassés par le côté fastidieux de la gestion des multiples profils, et tournent le dos à facebook et consorts. d’après farrel, cette tendance est à la hausse.

– la portabilité est cruciale: pour eux, c’est what i want, when i want, how i want.

il neige sur le nouveau monde

c’est aujourd’hui la vraie première journée de nextmedia, le « préambule technologique » au festival de banff. alors qu’environ 350 délégués se pressent autour du fairmount banff springs, flocons, bourrasques et ciel laiteux donnent au tout des airs de convention de fin du monde… fin d’un monde, à tout le moins.

ning expliqué aux enfants

ning-logo
j’entends d’ici mes zamis-du-cinéma soupirer: « bon, une autre affaire! » — hé oui, désolée, mais oubliez twitter et fessebouk, l’avenir est NING.

NING est une autre patente dont vous allez entendre de plus en plus parler. c’est un réseau social qui se distingue des facebook et autres myspace puisqu’au lieu de réunir vos amis, il réunit des étrangers autour d’un même intérêt ou d’une même passion.

ainsi, si vous trippez sur l’escalade nudiste ou les films bulgares de 1930, peut-être avez-vous une chance via NING de trouver quelqu’un d’autre sur la planète qui partage vos lubies et d’en faire votre ami.

la très éloquente et ma foi fort jolie CEO de NING explique le tout
dans ce clip de CNN.

hombres locos

mad-men

si vous n’avez pas encore découvert mad men, sachez que je vous envie.

bébé de matt weiner, un des scénaristes des sopranos, la série nous plonge dans le new-york du tournant des années soixante, au coeur d’une agence de pub de madison avenue.

vous qui me connaissez peu, sachez que j’use du « chef-d’oeuvre » avec parcimonie. je suis de ces chialeuses chiantes qui trouvent toujours à redire sur tout.

mad men est un chef-d’oeuvre.

cette série m’a ébaubie. une écriture exceptionnelle au services de thèmes forts et de personnages complexes, un univers fascinant campé avec un mélange de réalisme et de poésie, des comédiens fabuleux (dont l’ô combien sexy john slattery), avec en prime une séquence d’ouverture si jouissive qu’on ne peut s’empêcher de se la retaper douze fois lors de marathons de visionnement…

bref, si vous n’avez pas encore découvert mad men, sachez que vous avez vingt-six heures de gros bonheur sale à portée de DVD.

vous m’en donnerez des nouvelles.

After Last Season… part deux

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autre défaut de fabrication, il m’arrive souvent d’avoir le piton collé. tounes, films, mecs, après trois décennies sur terre force m’est de constater que l’obsession opaque à court terme s’avère pour mon mental bancal un oasis, un baume, un genre de… méditation. (NDLR: bon, méditation trash, mais méditation tout de même. on fait le vide comme on peut…).

menfinbonbref, là j’ai le piton scotché ben dur sur cette bande-annonce de cauchemar et la mini-tempête de spéculation qu’elle a engendré sur certains blogs branchés. (ouiiiii je sais, je vous en ai déjà parlé, mais j’en reparle et j’en reparlerai, tenévoulepourdi.)

menfinbonbref, tout ça pour dire que dans le cadre de mon arpentage compulsif de la toile à la recherche d’indices à propos de cet ovni je suis tombée sur cet énoncé génial qui (en plus de « justifier » ma fascination pour plusieurs trucs inqualifiables…;-) met, je pense, le doigt sur ketchose:

I’ve had this discussion for years and I still believe strongly that, in some extreme cases, exceptional incompetence and incoherence is as magical a gift as premeditated and intentional genius. Not all the time, mind you, but in the case of something like Troll 2 or a trailer like After Last Season, to simply shrug it off is a real shame. You’re missing out on some amazing brain stimulation.

IndieWire / By tully on March 30, 2009

food for thought, non?

les contes de fées 2.0

lachance

mission accomplie pour bernard lachance, ce sympathique hurluberlu de montmagny qui vend ses billets et ses CDs lui-même: oprah a répondu à son invitation sur youtube et l’a invité sur son plateau. l’émission enregistrée la semaine dernière fut diffusée mardi après-midi — résumé du segment ici — et les joies du télétravail m’ont permis de vivre la chose en en direct.

que de larmes, chers amis, mais que de larmes! dieu sait qu’oprah est une habituée de l’humide, mais là, le nombre de kilolitres de liquide lacrymal déversé pendant les quelques quinze minutes consacrées à lachance dépasse l’entendement.

évidemment, c’était vachement étudié pour.

premier acte: la « surprise ». gayle surprend lachance qui bat le pavé devant le chicago theatre. le pauvre jeune homme se met à dégouliner de partout — et ce, dans tous les sens du terme, passant de l’hystérie à la catatonie en un quart de seconde, à la fois ridicule et touchant: il fige, il saute, il pleure, il crie… déjà, difficile de ne pas être un peu remué (surtout si comme moi vous l’avez vu à tout le monde en parle et trouvé étonnament lucide et groundé. et bon… surtout si comme moi vous braillez devant des pubs d’assurance-vie et si comme moi vous vous allongez une fois par semaine pour en parler.)

deuxième acte: il est en studio avec sa sainteté winfrey. à nouveau on se déverse dans le cadre d’un festival de « dream come true » et de tétage fébrile de lachance qui (bien légitimement, il faut le dire) ne peut pas croire qu’il est là. on en rajoute une couche avec une vidéo montrant ses parents et son parcours téméraire sur fond de john williams — retour en studio, évidemment c’est la fonte des glaciers, même OPRAH BRAILLE! on se resaisit, on rigole, on renifle et on va à la pub, promettant la « première américaine » de bernie en fin d’émission.

et là troisième acte, je vous le donne en mille, il chante… the impossible dream/la quête.

si, si.

on the nose
, vous dites?

de quoi gerber pendant douze jours et douze nuits, je sais.

et pourtant… j’étions scotchée à mon écran et j’avions moi-même l’oeil de moins en mois sec.

vois-je poindre une moue méprisante? un sursaut d’épaule suffisant? ah-han…regardez-moi dans les yeux et dites moi que vous n’avez pas, ne serait-ce qu’un quart de seconde, senti votre petit coeur frétiller quand vous avez vu susan boyle pour la première fois?

eh bien bernie et susan, même combat. ce sont nos contes de fées 2.0.

BEN OUI c’est packagé, manipulé, arrangé. so what? pour moi, cette « gestion de phénomène » est une forme de scénarisation interactive et collective nouvelle, directement issue de son époque. on nous propose une « feel-good-dream-come-true-story », et on embarque. et notre enthousiasme change le cours des choses. PARCEQUE nous sommes allés cliquer, la vie de ma’m boyle va être transformée. PARCEQUE nous sommes allés cliquer, le message de bernie a attiré l’attention de la reine de chicago. un clic, un coup de baguette magique.

BEN OUI c’est gros, sursucré, pourri de bons sentiments… mais en ces temps angoissants, n’est-ce pas normal que collectivement on se raconte des histoires guimauves? ne croyez vous pas que si nous n’en n’avions pas tant besoin il y a belle lurette qu’on aurait déterré que genre boyle se la joue sado-maso dans son sous-sol?

on a besoin de croire à cendrillon en ce moment, je pense.

hope. change. et en attendant, collective dillusion.

extra-terrestres multiplateformes

ceux qui ont le triste privilège de me côtoyer savent que j’ai plusieurs obsessions ridicules, les deux principales étant les séquelles laissées à ma génération par les toon tristes et l’arrivée imminente des extra-terrestres.

mais tel n’est pas mon propos du jour — je tenais simplement à bien mettre en contexte mon excitation à la découverte du long-métrage District 9 (D-9), production de Peter Jackson qui prendra l’affiche le 14 août. on y traite – vous l’aurez deviné – d’extra-terrestres, mais sous un angle inédit: la cohabitation avec une colonie de « non-humains » installés sur terre dans des « camps ».

ok oui bon, ça excite peut-être pas le poil des jambes de tout le monde, mais je pense que leur offensive web est d’intérêt général.

une intrigante campagne virale rappelant celle de cloverfield fût lancée en août 2008, soit un an avant la date de sortie du film. au coeur de cette campagne, un site exhaustif à l’intention des humains appelés à cohabiter avec les « non-humans« , auquel sont reliés d’autres sites d’entreprises fictives.

à suirrrrre….

after last season

brillant coup de marketing… ou cas d’internement?

la bande annonce d’un « long-métrage » aux allures de film étudiant réalisé par un borgne concordien sucite ces jours-ci beaucoup d’enthousiasme sur le web.

plusieurs chroniqueurs ont décidé que le projet était réel et que son « créateur » Mark Region existait vraiment parceque le projet était répertorié sur imdb et que Region avait son profil fessebouk…

COME ON!

seriously?

c’est trop (surréalistement) poche pour être vrai. en outre, mon enquête me laisse vraiment un goût « d’offensive corporative »: le tout est trop creux et trop récent… mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir vendre?!?!

des idées?